Retraite
Discours de départ à la retraite
Un discours de départ à la retraite regarde en arrière sans nostalgie excessive et en avant sans promesses creuses. Celui qui part remercie et raconte deux ou trois moments de sa carrière ; celui qui le salue dit ce qu'il a apporté, par des faits. Trois à cinq minutes, une anecdote qui fait rire, un vrai merci.
Mis à jour le

Sur cette page
Deux discours, deux rôles
Si c'est vous qui partez, votre discours est un remerciement : aux collègues, aux anciens, à ceux qui vous ont appris le métier. On attend un peu d'humour, un peu d'émotion, et surtout pas de règlement de comptes.
Si vous saluez quelqu'un qui part, votre discours est un portrait : ce qu'il a fait, ce qu'il a transmis, ce qui va manquer. Rassemblez des faits auprès des collègues : l'année de son arrivée, les projets marquants, les petites habitudes que tout le monde connaît.
Un détail utile : si la personne a reçu la médaille d'honneur du travail, ses échelons (argent, vermeil, or, grand or) correspondent à 20, 30, 35 et 40 ans de services, selon la fiche officielle citée en source. C'est une façon juste de dire la durée d'une carrière.
Le discours de celui qui part
Le badge
tendre≈ 1 min 06 à voix hauteBonsoir à tous, et merci d'être là.
Je suis arrivé ici le 3 septembre 1991. J'avais vingt-quatre ans, une cravate prêtée par mon père et une peur bleue. Le premier jour, Jean-Claude, qui était chef d'atelier, m'a dit : « Ici, on ne te demande pas de tout savoir. On te demande de demander. » J'ai demandé. Pendant trente-cinq ans.
J'ai vu passer trois directeurs, deux déménagements, le passage à l'informatique et une inondation mémorable en 2003, où nous avons sauvé les archives en formant une chaîne dans l'escalier. Certains d'entre vous étaient là. Vous vous souvenez de l'eau dans les chaussures.
Ce que j'emporte, ce ne sont pas les dossiers. Ce sont vos visages, les cafés du matin, les fous rires en réunion, et cette certitude qu'on travaille mieux ensemble.
Demain, je rendrai mon badge. Je garderai la cravate de mon père.
Merci à tous. Levons nos verres à ceux qui restent, et à la suite !
Le planning
drôle≈ 45 s à voix hauteBonjour à tous. On m'a demandé de faire un discours. J'ai proposé un tableau Excel, on m'a répondu non.
Pendant vingt-huit ans, j'ai fait les plannings de ce service. J'ai géré les congés, les ponts, les arrangements secrets entre collègues pour les vacances de février. J'en sais beaucoup trop sur vous tous. Rassurez-vous, je pars avec.
À partir de lundi, mon seul planning, ce sera le marché le mercredi, la chorale le jeudi et mes petits-enfants le reste du temps. Il paraît que c'est le poste le plus exigeant.
Merci pour tout. Vous allez me manquer, même les demandes de congés de dernière minute.
Trois mercis
sobre≈ 30 s à voix hauteJe ne vais pas être long, je sais que le buffet attend.
Je voudrais dire trois mercis. Merci à la direction, pour la confiance qu'elle m'a faite pendant toutes ces années. Merci à mes équipes, qui ont supporté mes idées, même les mauvaises. Et merci à ma famille, qui a supporté mes horaires.
Je pars fier de ce que nous avons fait ensemble, et confiant pour la suite. À vous tous.
Un discours complet de celui qui part
Les exemples précédents sont courts. Voici un discours entier pour la personne qui part, écrit pour être dit posément : environ 470 mots, soit un peu plus de trois minutes à 140 mots par minute, dans la fourchette de trois à cinq minutes.
La clé du local
tendre≈ 3 min 19 à voix hauteBonsoir à tous, et merci d'être là, un vendredi à dix-sept heures, ce qui est une vraie preuve d'amitié.
Je suis arrivée dans ce service en septembre 1989. On m'a donné un bureau près de la fenêtre, une machine à écrire électrique et une clé. Une petite clé plate, celle du local des archives. On m'a dit : « Ne la perds pas, c'est la seule. » Je l'ai gardée trente-six ans. Je la rends ce soir, et je vous avoue que c'est elle qui me fait le plus d'effet.
Parce que cette clé, elle a ouvert beaucoup de portes. Celle des archives, d'abord, où j'ai passé des heures à chercher des dossiers que tout le monde croyait perdus. Il y en avait toujours un, au fond d'une boîte, avec une étiquette écrite à la main par quelqu'un qui était parti depuis longtemps. J'ai appris là que le travail bien rangé survit à ceux qui l'ont fait.
Elle a ouvert aussi la porte du local pour les pots de départ. Combien en ai-je vu, dans cette salle ? Des dizaines. J'ai toujours été celle qui sortait les gobelets et qui cherchait le décapsuleur. Ce soir, c'est la première fois que quelqu'un d'autre l'a cherché pour moi. Merci, Sandrine, je sais qu'il n'est jamais à sa place.
Je voudrais remercier trois personnes, en sachant que j'en oublie trente.
Monsieur Duval, qui m'a embauchée et qui m'a dit, le premier jour : « Ici, on ne sait pas tout, mais on sait qui sait. » C'était vrai, et c'est resté vrai.
Nadia, qui partage mon bureau depuis douze ans, qui connaît mes manies, mon thé trop infusé et ma radio trop basse, et qui ne s'en est jamais plainte. Enfin, presque jamais.
Et Thomas, arrivé l'an dernier, qui m'a appris plus sur les tableaux partagés en six mois que je n'en avais appris en dix ans. Thomas, je te laisse les tableaux. Je te laisse aussi la plante verte : elle a vingt ans, elle en a vu d'autres, arrose-la le lundi.
On me demande souvent ce que je vais faire maintenant. La vérité, c'est que je n'ai pas de grand projet. Je vais marcher le matin, sans regarder l'heure. Je vais lire des livres qui n'ont pas de numéro de dossier. Et je vais apprendre l'italien, parce que je l'ai promis à ma petite-fille, qui le parle mieux que moi.
Ce que j'emporte, ce ne sont pas des dossiers. Ce sont des visages, des fous rires à la machine à café, et la fierté d'avoir fait un travail utile avec des gens bien.
Je vous demande une seule chose : quand vous chercherez un dossier que personne ne trouve, pensez à moi, et cherchez au fond de la dernière boîte.
Merci à tous. Et maintenant, je crois qu'il y a des gobelets quelque part : trinquons.
Le discours pour saluer un collègue
La mémoire du service
tendre≈ 56 s à voix hauteChers collègues, nous sommes réunis pour dire au revoir à Martine, qui part à la retraite après trente-trois ans parmi nous.
Martine est arrivée en 1993, à l'accueil. Depuis, elle a été de tous les services, de toutes les réorganisations, et elle a formé la moitié des personnes présentes ce soir, moi compris. Quand un dossier se perdait, on disait : « Demande à Martine. » Elle savait toujours.
Martine, c'est aussi les gâteaux du vendredi, les cartes d'anniversaire que personne d'autre n'aurait pensé à faire signer, et ce calme qui rassurait tout le monde les jours de crise.
Elle a reçu l'an dernier la médaille de vermeil du travail. Aujourd'hui, c'est nous qui voulons lui dire merci.
Martine, nous te souhaitons une retraite à ton image : pleine, généreuse et bien organisée. À Martine !
Le bureau d'en face
drôle≈ 45 s à voix hautePendant quinze ans, j'ai eu Gérard dans le bureau d'en face. Quinze ans à l'entendre répondre au téléphone « Oui, c'est moi ! », même quand ce n'était pas pour lui. Quinze ans de photocopieuse réparée avec un trombone, et de pause-café à dix heures pile.
Gérard est le seul homme que je connaisse qui a gardé la même tasse depuis 1998. Elle part avec lui. Nous l'avons fait encadrer. Enfin, presque.
Gérard, tu vas nous manquer. La photocopieuse aussi va te regretter. Profite bien : du jardin, du vélo, de tes petits-enfants et de ta cuisine, où personne ne t'empêchera de mettre la radio trop fort.
À Gérard !
Au nom de la maison
solennel≈ 42 s à voix hauteMadame la directrice, chers collègues, chère Françoise.
Il est des carrières qui se résument en chiffres : trente-huit années de service, dont vingt à la tête du service comptable, quatre changements de logiciel et zéro erreur de clôture. Et il est des carrières qui se résument en personnes : les dizaines de jeunes que vous avez formés, dont plusieurs dirigent aujourd'hui des services.
La vôtre se résume dans les deux.
Au nom de toute la maison, je vous remercie pour votre rigueur, votre loyauté et votre patience. Nous vous souhaitons une retraite heureuse, et nous espérons vous revoir souvent.
Écrire le vôtre
Écrire son discours en 5 temps
Remplissez les cinq cases : le brouillon s'assemble en dessous, avec sa durée. Tout reste dans votre navigateur.
Calculer la durée
Mesurez votre propre vitesse. Cliquez, lisez ce paragraphe à voix haute comme devant vos invités, puis cliquez de nouveau.
Bonsoir à toutes et à tous. Merci d'être venus, parfois de loin, pour partager ce moment avec nous. Je ne suis pas un grand orateur, alors j'ai préparé quelques mots. Je vais vous parler d'une personne que j'aime, de quelques souvenirs qui nous font encore rire, et de ce que je lui souhaite pour la suite. Levons nos verres un peu plus tard : d'abord, les histoires.
Vitesse par défaut : 140 mots par minute, notre repère pour un discours dit posément (le même que pour les exemples et les discours sur mesure). Pour comparaison, la moyenne de lecture à voix haute mesurée chez l'adulte est de 183 mots par minute (Brysbaert, 2019). La mesure ci-dessus donne votre vitesse réelle.
Pour une carte ou un petit mot plutôt qu'un discours, voyez les messages de départ à la retraite. Si le départ n'est pas une retraite, voyez le discours de pot de départ. </content>
Questions fréquentes
Que dire dans son discours de départ à la retraite ?
Remerciez ceux qui vous ont accueilli et accompagné, racontez deux moments marquants de votre carrière (dont un qui fait rire), dites ce que vous emportez et ce que vous allez faire, puis levez votre verre à ceux qui restent.
Combien de temps doit durer un discours de retraite ?
Trois à cinq minutes pour la personne qui part, deux à quatre pour le collègue ou le manager qui la salue. Au-delà, les invités debout, verre à la main, décrochent.
Qui fait le discours au pot de départ en retraite ?
En général, le responsable hiérarchique ou un collègue proche, puis la personne qui part. Si plusieurs personnes veulent parler, limitez-vous à deux discours avant celui du retraité.
Faut-il parler de la médaille du travail dans le discours ?
Si la personne l'a reçue, oui, en une phrase : elle récompense de longues années de travail. La médaille d'honneur du travail du secteur privé comprend quatre échelons, accordés après 20, 30, 35 et 40 ans de services.
Sources
À lire aussi
- Messages de départ à la retraitePour une carte collective, un collègue, un chef ou un proche.
- Discours de pot de départPour celui qui part ou celui qui salue : court, drôle, sincère.
- Message pour le départ d'un collègueCarte collective, courriel ou mot personnel, drôle ou sincère.
- Combien de temps dure mon discours ?Nombre de mots, durée à voix haute et mesure de votre propre vitesse.